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jeudi 23 novembre 2023

Nancy Mahon, The Estée Lauder Companies : « Le renforcement des compétences de nos fournisseurs en matière de climat est un aspect essentiel de notre stratégie climatique. »

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Nancy Mahon, The Estée Lauder Companies : « Le renforcement des compétences de nos fournisseurs en matière de climat est un aspect essentiel de notre stratégie climatique. »
Nancy Mahon a été nommée en avril 2023 toute première Chief Sustainability Officer de The Estée Lauder Companies (ELC). Elle s’est confiée à Formes de Luxe sur la manière dont le groupe de cosmétiques aborde le changement climatique et sur sa stratégie en matière d’emballages et d’ingrédients.

Quels sont les principaux piliers de la stratégie de durabilité d’Estée Lauder Companies ?


Nancy Mahon : Notre approche stratégique fixe notre cap en nous projetant à 10 ans afin d’accompagner notre transformation continue et de nous positionner au mieux pour une croissance durable à long terme. Nous suivons de près l’évolution des tendances et les attentes de nos principales parties prenantes — consommateurs, distributeurs, investisseurs, collaborateurs et autorités réglementaires.
Nous concentrons nos efforts sur les domaines où notre entreprise peut avoir le plus d’impact :
  • climat et énergie ;
  • emballages ;
  • approvisionnement ;
  • chimie verte et transparence des ingrédients ;
  • inclusion, diversité et équité ;
  • santé et sécurité des employés ;
  • investissements sociaux.
Nos initiatives en matière d’impact social et de durabilité stimulent l’innovation, la croissance et l’efficacité à travers l’ensemble de l’entreprise et de notre portefeuille de marques.

Pénurie de matières premières, empreinte carbone… Quelle est la stratégie du groupe face aux enjeux environnementaux ?


NM : Nous nous engageons à proposer aux consommateurs des produits de beauté prestige offrant des performances exceptionnelles et un luxe associé à des standards élevés en matière de sécurité, de qualité, d’efficacité et de durabilité.
ELC a atteint la neutralité carbone pour les scopes 1 et 2 pour la quatrième année consécutive. Nous nous concentrons désormais sur la réduction des impacts environnementaux potentiels de nos produits tout au long de leur cycle de vie — de l’emballage à l’approvisionnement responsable et à la transparence des ingrédients.
Par exemple :
  • Nous visons à utiliser, lorsque cela est possible, du papier issu de sources responsables afin que 100 % de nos étuis en fibres d’origine forestière soient certifiés FSC d’ici 2025.
  • Nous nous sommes engagés à ce que 75 à 100 % de nos emballages soient recyclables, rechargeables, réutilisables, recyclés ou valorisables d’ici 2025.
  • Nous augmenterons la part de matériaux PCR (plastiques recyclés post-consommation) dans nos emballages à 25 % ou plus.
Des progrès concrets ont déjà été réalisés : 71 % des emballages (hors acquisitions récentes) étaient recyclables, rechargeables, réutilisables, recyclés ou valorisables à la fin de l’exercice fiscal 2023.
L’emballage prestige joue un rôle essentiel dans l’expérience consommateur, et nous pensons que notre créativité et notre capacité d’innovation peuvent faire progresser les solutions, tant pour nos marques que pour l’ensemble des industries des soins personnels et des cosmétiques.
Des partenariats et collaborations avec des acteurs majeurs — de The Sustainable Packaging Initiative for Cosmetics (SPICE) à Zero100 — permettent de coopérer à l’échelle de l’industrie de la beauté et au-delà.

Votre stratégie de durabilité inclut-elle le travail avec des start-up ?


NM : Oui, mais j’aimerais aller encore plus loin, tout comme notre Executive Vice President, Research, Product & Innovation Officer, Carl Haney.
Du côté des marques, nous procédons à des acquisitions et investissons parfois dans de plus petits acteurs, comme la marque anglaise Haeckels en 2022. La majorité des ingrédients de cette marque provient du varech et des algues, et elle a même expérimenté des emballages comestibles !

Comment mesurez-vous votre empreinte carbone ?


NM : Pour les scopes 1 et 2, notre comptabilité est assez conventionnelle : nous collectons des données primaires sur la consommation énergétique de nos sites et de notre flotte lorsque cela est possible, et nous utilisons des méthodes d’estimation de haute qualité pour combler certaines lacunes (par exemple, en utilisant la surface d’un magasin).

Le scope 3 est plus complexe, comme on peut l’imaginer pour une grande entreprise. Nous disposons de données internes d’activité pour chaque catégorie, qu’il s’agisse de la masse des matières premières achetées ou des dépenses publicitaires. Comme beaucoup d’entreprises, nous utilisons encore une méthode basée sur les dépenses pour certaines parties du scope 3, tout en travaillant activement à mettre en place des méthodes plus précises.

Nous avons déjà constaté des bénéfices importants grâce à l’amélioration des méthodologies pour le scope 3 : une meilleure compréhension de notre empreinte et des opportunités d’action plus claires. Par exemple, le transport et la distribution représentent une part importante de l’empreinte du groupe et offrent de nombreuses possibilités de réduction des émissions.
Nous avons également accru l’utilisation de données rapportées par nos fournisseurs dans plusieurs catégories, ce qui permet de dépasser certaines limites des bases de données secondaires et d’engager plus largement nos partenaires sur les enjeux climatiques.